_____Ma mère me conduisit à l'aéroport toutes fenêtres ouvertes. La température à Phoenix frôlait les vingt et un degrés et le ciel était d'un bleu éclatant.
_____En guise d'adieux je portais ma chemise préférée, la blanche sans manches, aux boutonnières rehaussées de dentelle. J'avais ma veste pour seul bagage à main. Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au Nord-Ouest de l'état de Washington, une bourgade insignifiante appelé Forks où la couverture nuageuse est quasi constante. Il y pleut plus que partout ailleurs aux Etats-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que ma mère avait fuit en emportant le nourrisson que j'étais alors.
_____C'est là que j'avais dû me rendre, un mois tous les étés, jusqu'à mes quatorze ans, âge auquel j'avais enfin osé protester. Ces trois dernières années (donc j'ai 17 ans) mon père Charles, avait accepté de subsister à mes séjours obligatoires chez lui quinze jours de vacances avec moi en Californie. Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent (un acte qui m'horrifiait, je déteste Forks).
_____J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville.
-Rien ne t'y oblige, Nana, me répéta ma mère pour la énième fois avant que je ne grimpe dans l'avion.
_____Ma mère me ressemble, si ce n'est qu'elle a les cheveux court et le visage ridée a force de rire. Je scrutai ses grands yeux enfantins, et une bouffée de panique me submergea.
Comment ma mère aimante, imprévisible et dingue allait-elle se débrouiller sans moi ?
_____Certes, elle avait Phil, désormais. Les factures seraient payées, le réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et elle aurait quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait. Pourtant...
-J'en ai envie, répondis je.
_____J'ai beau n'avoir jamais su mentir, j'avais répété cette phrase avec une telle régularité depuis quelques semaines qu'il eut l'air presque convaincant.
-Salut Charles de ma part !
-Je n'y manquerais pas.
-On se voit bientôt, insista t'elle. La maison te reste ouverte. Je reviendrai dés que tu auras besoin de moi.
_____Son regard trahissait cependant le sacrifice que cette promesse représentait.
-Ne t'inquiète pas. Ça va être géniale. Je t'aime, maman.
_____Elle me serra fort pendant une bonne minute, je montai dans l'avion, elle s'en alla.
Entre Phoenix et Seattle, le vol dure quatre heures, auxquelles s'en ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à Forks, en voiture.
Autant l'avion ne me gêne pas, autant j'appréhendais la route en compagnie de Charles.
Charles s'est montré a la hauteur. Il avait paru tellement heureux de ma décision (une première de venir vivre avec lui à plus ou moins long terme).
Il m'avait déjà inscrite au lycée, s'était engagé à me donner un coup de main pour me trouver une voiture. (pour les non informé ^^ : au Etats-Unis, on peut conduire dés l'âge de 16 ans)Mais ça n'allait pas être facile.
_____Aucun de nous n'est très bavard, comme on dit, je ne suis pas du genre à meubler la conversation. Je devinais qu'il était plus que perturbé par mon choix (comme ma mère avant moi, je n'avais pas caché la répulsion que m'inspirait Forks). Quand j'atterris a Port Angeles, il pleuvait.-_- Je ne pris pas ça pour un mauvais présage, juste la fatalité.
_____J'avais déjà fais mon deuil du soleil. Sans surprise, Charles m'attendait avec le véhicule de patrouille. Charles Nakamura est le chef de la police, pour les gens de Forks. Mon désir d'acheter une voiture en dépit de mes maigres ressources était avant tout motivée par mon refus de me trimballer en ville dans une bagnole équipée de gyrophares bleus et rouges. Rien de tel qu'un flic pour ralentir la circulation.
_____Charles m'étreignit maladroitement, d'un seul bras, lorsque, m'approchant de lui, je trébuchai.
-Content de te voir, Nana, dit-il en souriant et en me rattrapant avec aisance que donne l'habitude. Tu n'as pas beaucoup changé. Comment va Chantal ?
-Maman va bien. Moi aussi, je suis heureuse de te voire, papa.
_____Devant lui j'étais priée de ne pas l'appeler Charles. Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais en Arizona n'étaient pas assez chaud pour l'état de Washington. Ma mère et moi nous étions cotisées pour élargir ma garde de robe d'hiver, mais ça n'avait pas été très loin. Le tout entra aisément dans le coffre.
-Je t'ai dégoté une bonne voiture, m'annonça Charles une fois nos ceintures bouclées. Elle t'ira comme un gant. Pas chère du tout.
-Quel genre ?
_____Son besoin de préciser qu'elle m'irait comme un gant au lieu de s'en tenir à « une bonne voiture » m'avait rendu soupçonneuse.
-En fait, c'est une camionnette à plateau. Une Chevrolet.
-Ou l'as-tu trouvée ?
-Tu te rappelles de Christian Black de La Push ?
_____La Push est la minuscule réserve indienne située sur la côte.
-Non.
-Il s'en servait pour aller pêcher, l'été.
_____Ce qui expliquait pourquoi je ne m'en souvenais pas. Je suis plutôt douée pour gommer de ma mémoire les détails aussi inutiles que douloureux.
-Il est cloué dans une chaise roulante, maintenant, continua Charles, il ne peut donc plus conduire. Il m'en a demandé un prix très raisonnable.
-De quelle année est elle ?
_____Rien qu'a son expression, je compris qu'il avait escompté couper cette question.
-Euh, Christian a sacrément bricolé le moteur...Elle n'est pas si vieille que ça, tu sais.
_____Il ne pensait quand même que j'allais renoncer si facilement ? je ne suis pas bête a ce point là.
-Il l'a acheté en 1984, me semble t'il, enchaîne t'il.
-Neuve ?
-Euh, non. Je crois que c'est un modèle du début des années soixante, avoua t'il. Ou de la fin des années cinquante. Mais pas plus.
-Char...Papa, je n'y connais rien en mécanique. Je serai incapable de la réparer s'il arrive quoi que ce soit, et je n'ai pas les moyens de payer un garagiste...-T'inquiété Nana, cet engin est comme neuf. On n'en fabrique plus des comme ça, aujourd'hui.
_____« Cet engin... » ça promettait !
-C'est quoi, pas chère ?
_____Après tout, c'était la seule chose sur laquelle je ne pouvais me permettre de me monter difficile.
-Euh, laisse moi te l'offrir, chérie. Une sorte de cadeau de bienvenue.
_____Charles me jeta un coup d'½il plein d'espoir. Une voiture gratuite. Rien que ça !
-Tu n'es pas obligé, papa. J'avais prévu d'en acheter une.
-Fais moi plaisir. Je veux que tu sois heureuse, ici.
_____Il se concentrait de nouveau sur la route. Charles a dû mal à exprimer ses émotions. Difficulté dont j'ai hérité. C'est donc en fixant moi aussi le pare brise que je répondis :
-C'est vraiment très gentil, papa. Merci. C'est un cadeau formidable.
_____Inutile de lui préciser qu'être heureuse a Forks relevait de l'impossible. Il n'avait pas besoin de souffrir avec moi.
-Euh, de rien, marmonna t'il, gêné.
_____Nous échangeâmes encore quelques commentaires sur le temps (humides -_-) et la discussion s'en tint la. Ensuite, nous contemplâmes le paysage.
Magnifique, il me fallait en convenir.
_____Tout était vert : les arbres, leur tronc couvert de mousse, le sol encombré de fougères. Même l'air qui filtrait à travers les feuilles avait des reflets verdâtres. Une overdose de verdure (j'étais chez les martiens).
_____Nous finîmes par arriver chez Charles. Il vivait toujours dans la maisonnette de trois pièces achetée avec ma mère aux premiers (et seuls) jours de leur mariage. Devant ce logis immuable était garée ma nouvelle (pour moi) voiture.
_____D'un rouge délavée, elle était dotée d'ailes énormes et bombées ainsi que d'une cabine rebondie.
A ma plus grande surprise, j'en tombai amoureuse.
_____J'ignorais si elle roulait, mais je m'y voyais déjà. De plus, c'était une de ces bêtes en acier solide qui résistent à tout, de celle qui, en cas de collision, n'ont pas une égratignure alors que le véhicule qu'elle ont détruit gît en pièces détachées sur le sol.
-Elle est géniale, papa ! Je l'adore ! Merci !
_____La journée abominable qui m'attendait le lendemain en serait d'autant moins atroce. Pour aller au lycée, je n'aurais pas à choisir entre une marche de deux kilomètres sous la pluie ou une virée dans la voiture de patrouille du chef Nakamura.
-Ravi qu'elle te plaise, bougonna Charles, embarrassé par mon expansivité.
_____Je ne mis pas longtemps à transporter mes affaires à l'étage. J'avais la grande chambre à l'ouest, celle qui donnait sur la façade. Elle m'était familière, ayant été mienne depuis ma naissance.
Le plancher, les murs bleu clair, le plafond incliné, les rideaux de dentelle jaunie à la fenêtre (tout cela appartenait a mon enfance) .
_____Les seuls changements opérés par Charles au fur et a mesure que j'avais grandi avaient consisté à remplacer le berceau par un lit puis par ajouter un bureau.
Sur ce dernier trônait désormais un ordinateur d'occasion, la ligne du modem agrafé le long de la plinthe jusqu'à la prise de téléphone la plus proche.
Une exigence de ma mère, histoire de garder plus facilement contact.
Il n'y'avait, sur le palier, qu'une petite salle de bains que je devais partager avec Charles, une perspective à laquelle je m'efforçai de ne pas trop penser.
Charles à une grande qualité : il n'embête pas les gens.
Il me laissa donc m'installer tranquillement, un exploit dont ma mère aurait été incapable.
Je fus contente de cet instant de solitude pendant lequel je n'avais ni à sourire ni à afficher un air béat. Je pus contempler à loisir la pluie battante ; découragée, je m'autorisai même quelques larmes. Je n'étais cependant pas d'humeur à pleurer pour de bon. Je gardais ça pour l'heure du coucher, lorsque je devrais songer au matin suivant.
Le lycée de Forks n'accueillait que trois cent cinquante sept élèves. Cinquante à huit à présent : terrifiant !
_____A Phoenix, les classes de première comptaient à elles seules plus de sept cent individus.
Ici, tous les mômes avaient grandis ensemble au même endroit, comme leur grand parent avant eux. Je serais la nouvelle venue, de la grande ville, un objet de curiosité, un monstre.
Si j'avais eu l'allure d'une fille de Phoenix, j'aurais sans doute pu en tirer davantage.
Mais, physiquement, je ne m'étais pas adaptée. Au lieu d'être bronzée, sportive, blonde, joueuse de volley ,et pourquoi pas pom pom girl, bref, la panoplie de toute fille vivant dans la Vallée du Soleil, j'avais, en dépit de l'éternel été d'Arizona, une peau d'ivoire, sans même l'excuse d'avoir les yeux bleus ou les cheveux roues. J'ai les cheveux brun chocolat au reflet miel qui m'arrive cependant au milieu du dos et les yeux verts...rien de bien intéressant !
_____J'ai toujours été mince, dans le genre mou cependant ( rien d'une athlète ).
Je n'étais pas assez cordonnée dans mes mouvements pour pratiquer un sport sans m'humilier, et je ne parle pas des blessures que je m'infligeais, ainsi qu'a ceux qui se tenaient trop prés de moi.
Mes vêtements rangés dans la vieille commode en pin surmontée d'un miroir, j'emportai ma trousse de toilette dans la salle de bains commune afin de me débarrasser de la crasse du voyage.
Tout en démêlant mes cheveux mouillés, je m'examinai dans la glace.
Peut être était ce la lumière, mais je me trouvai mauvaise mine, le teint terne.
_____Ma peau pouvait être jolie (elle était très pale, presque translucide) à condition d'avoir quelques couleurs, mais je n'avais pas de couleurs ici.
Devant mon reflet blafard, je fus contrainte d'admettre que je me mentais.
Ce n'était pas qu'une question de physique. Je ne m'intégrais pas.
Si je n'avais pas réussi à me fondre au milieu des trois mille élèves de mon précédent lycée, qu'allait il en être dans ce bled ?
_____J'avais du mal à m'entendre avec les gens de mon âge. Plus exactement, j'avais du mal à m'entendre avec les gens, un point c'est tout.
Même ma mère, la personne au monde dont j'étais le plus proche, n'était jamais en harmonie avec moi, jamais sur la même longueur d'onde.
_____Parfois, je me demandais si mes yeux voyaient comme ceux des autres.
Mon cerveau souffrait peut-être d'une défaillance. Mais la cause importait peu, seul comptait l'effet. Dire que demain ne serait qu'un début.
La suiite je vous la poste Vendredi Prochain...
Ou peut être Dimanche soir... tout dépendra de vous !! ^^
bisous et bonne soirée / bonne journée !! ^^
1 com'Z ici ///// le doucle chez toi
10 com'Z ici /////// le double chez toi !! ^^
PROFITEZ A FOND !! ^^
_____En guise d'adieux je portais ma chemise préférée, la blanche sans manches, aux boutonnières rehaussées de dentelle. J'avais ma veste pour seul bagage à main. Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au Nord-Ouest de l'état de Washington, une bourgade insignifiante appelé Forks où la couverture nuageuse est quasi constante. Il y pleut plus que partout ailleurs aux Etats-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que ma mère avait fuit en emportant le nourrisson que j'étais alors.
_____C'est là que j'avais dû me rendre, un mois tous les étés, jusqu'à mes quatorze ans, âge auquel j'avais enfin osé protester. Ces trois dernières années (donc j'ai 17 ans) mon père Charles, avait accepté de subsister à mes séjours obligatoires chez lui quinze jours de vacances avec moi en Californie. Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent (un acte qui m'horrifiait, je déteste Forks).
_____J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville.
-Rien ne t'y oblige, Nana, me répéta ma mère pour la énième fois avant que je ne grimpe dans l'avion.
_____Ma mère me ressemble, si ce n'est qu'elle a les cheveux court et le visage ridée a force de rire. Je scrutai ses grands yeux enfantins, et une bouffée de panique me submergea.
Comment ma mère aimante, imprévisible et dingue allait-elle se débrouiller sans moi ?
_____Certes, elle avait Phil, désormais. Les factures seraient payées, le réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et elle aurait quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait. Pourtant...
-J'en ai envie, répondis je.
_____J'ai beau n'avoir jamais su mentir, j'avais répété cette phrase avec une telle régularité depuis quelques semaines qu'il eut l'air presque convaincant.
-Salut Charles de ma part !
-Je n'y manquerais pas.
-On se voit bientôt, insista t'elle. La maison te reste ouverte. Je reviendrai dés que tu auras besoin de moi.
_____Son regard trahissait cependant le sacrifice que cette promesse représentait.
-Ne t'inquiète pas. Ça va être géniale. Je t'aime, maman.
_____Elle me serra fort pendant une bonne minute, je montai dans l'avion, elle s'en alla.
Entre Phoenix et Seattle, le vol dure quatre heures, auxquelles s'en ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à Forks, en voiture.
Autant l'avion ne me gêne pas, autant j'appréhendais la route en compagnie de Charles.
Charles s'est montré a la hauteur. Il avait paru tellement heureux de ma décision (une première de venir vivre avec lui à plus ou moins long terme).
Il m'avait déjà inscrite au lycée, s'était engagé à me donner un coup de main pour me trouver une voiture. (pour les non informé ^^ : au Etats-Unis, on peut conduire dés l'âge de 16 ans)Mais ça n'allait pas être facile.
_____Aucun de nous n'est très bavard, comme on dit, je ne suis pas du genre à meubler la conversation. Je devinais qu'il était plus que perturbé par mon choix (comme ma mère avant moi, je n'avais pas caché la répulsion que m'inspirait Forks). Quand j'atterris a Port Angeles, il pleuvait.-_- Je ne pris pas ça pour un mauvais présage, juste la fatalité.
_____J'avais déjà fais mon deuil du soleil. Sans surprise, Charles m'attendait avec le véhicule de patrouille. Charles Nakamura est le chef de la police, pour les gens de Forks. Mon désir d'acheter une voiture en dépit de mes maigres ressources était avant tout motivée par mon refus de me trimballer en ville dans une bagnole équipée de gyrophares bleus et rouges. Rien de tel qu'un flic pour ralentir la circulation.
_____Charles m'étreignit maladroitement, d'un seul bras, lorsque, m'approchant de lui, je trébuchai.
-Content de te voir, Nana, dit-il en souriant et en me rattrapant avec aisance que donne l'habitude. Tu n'as pas beaucoup changé. Comment va Chantal ?
-Maman va bien. Moi aussi, je suis heureuse de te voire, papa.
_____Devant lui j'étais priée de ne pas l'appeler Charles. Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais en Arizona n'étaient pas assez chaud pour l'état de Washington. Ma mère et moi nous étions cotisées pour élargir ma garde de robe d'hiver, mais ça n'avait pas été très loin. Le tout entra aisément dans le coffre.
-Je t'ai dégoté une bonne voiture, m'annonça Charles une fois nos ceintures bouclées. Elle t'ira comme un gant. Pas chère du tout.
-Quel genre ?
_____Son besoin de préciser qu'elle m'irait comme un gant au lieu de s'en tenir à « une bonne voiture » m'avait rendu soupçonneuse.
-En fait, c'est une camionnette à plateau. Une Chevrolet.
-Ou l'as-tu trouvée ?
-Tu te rappelles de Christian Black de La Push ?
_____La Push est la minuscule réserve indienne située sur la côte.
-Non.
-Il s'en servait pour aller pêcher, l'été.
_____Ce qui expliquait pourquoi je ne m'en souvenais pas. Je suis plutôt douée pour gommer de ma mémoire les détails aussi inutiles que douloureux.
-Il est cloué dans une chaise roulante, maintenant, continua Charles, il ne peut donc plus conduire. Il m'en a demandé un prix très raisonnable.
-De quelle année est elle ?
_____Rien qu'a son expression, je compris qu'il avait escompté couper cette question.
-Euh, Christian a sacrément bricolé le moteur...Elle n'est pas si vieille que ça, tu sais.
_____Il ne pensait quand même que j'allais renoncer si facilement ? je ne suis pas bête a ce point là.
-Il l'a acheté en 1984, me semble t'il, enchaîne t'il.
-Neuve ?
-Euh, non. Je crois que c'est un modèle du début des années soixante, avoua t'il. Ou de la fin des années cinquante. Mais pas plus.
-Char...Papa, je n'y connais rien en mécanique. Je serai incapable de la réparer s'il arrive quoi que ce soit, et je n'ai pas les moyens de payer un garagiste...-T'inquiété Nana, cet engin est comme neuf. On n'en fabrique plus des comme ça, aujourd'hui.
_____« Cet engin... » ça promettait !
-C'est quoi, pas chère ?
_____Après tout, c'était la seule chose sur laquelle je ne pouvais me permettre de me monter difficile.
-Euh, laisse moi te l'offrir, chérie. Une sorte de cadeau de bienvenue.
_____Charles me jeta un coup d'½il plein d'espoir. Une voiture gratuite. Rien que ça !
-Tu n'es pas obligé, papa. J'avais prévu d'en acheter une.
-Fais moi plaisir. Je veux que tu sois heureuse, ici.
_____Il se concentrait de nouveau sur la route. Charles a dû mal à exprimer ses émotions. Difficulté dont j'ai hérité. C'est donc en fixant moi aussi le pare brise que je répondis :
-C'est vraiment très gentil, papa. Merci. C'est un cadeau formidable.
_____Inutile de lui préciser qu'être heureuse a Forks relevait de l'impossible. Il n'avait pas besoin de souffrir avec moi.
-Euh, de rien, marmonna t'il, gêné.
_____Nous échangeâmes encore quelques commentaires sur le temps (humides -_-) et la discussion s'en tint la. Ensuite, nous contemplâmes le paysage.
Magnifique, il me fallait en convenir.
_____Tout était vert : les arbres, leur tronc couvert de mousse, le sol encombré de fougères. Même l'air qui filtrait à travers les feuilles avait des reflets verdâtres. Une overdose de verdure (j'étais chez les martiens).
_____Nous finîmes par arriver chez Charles. Il vivait toujours dans la maisonnette de trois pièces achetée avec ma mère aux premiers (et seuls) jours de leur mariage. Devant ce logis immuable était garée ma nouvelle (pour moi) voiture.
_____D'un rouge délavée, elle était dotée d'ailes énormes et bombées ainsi que d'une cabine rebondie.
A ma plus grande surprise, j'en tombai amoureuse.
_____J'ignorais si elle roulait, mais je m'y voyais déjà. De plus, c'était une de ces bêtes en acier solide qui résistent à tout, de celle qui, en cas de collision, n'ont pas une égratignure alors que le véhicule qu'elle ont détruit gît en pièces détachées sur le sol.
-Elle est géniale, papa ! Je l'adore ! Merci !
_____La journée abominable qui m'attendait le lendemain en serait d'autant moins atroce. Pour aller au lycée, je n'aurais pas à choisir entre une marche de deux kilomètres sous la pluie ou une virée dans la voiture de patrouille du chef Nakamura.
-Ravi qu'elle te plaise, bougonna Charles, embarrassé par mon expansivité.
_____Je ne mis pas longtemps à transporter mes affaires à l'étage. J'avais la grande chambre à l'ouest, celle qui donnait sur la façade. Elle m'était familière, ayant été mienne depuis ma naissance.
Le plancher, les murs bleu clair, le plafond incliné, les rideaux de dentelle jaunie à la fenêtre (tout cela appartenait a mon enfance) .
_____Les seuls changements opérés par Charles au fur et a mesure que j'avais grandi avaient consisté à remplacer le berceau par un lit puis par ajouter un bureau.
Sur ce dernier trônait désormais un ordinateur d'occasion, la ligne du modem agrafé le long de la plinthe jusqu'à la prise de téléphone la plus proche.
Une exigence de ma mère, histoire de garder plus facilement contact.
Il n'y'avait, sur le palier, qu'une petite salle de bains que je devais partager avec Charles, une perspective à laquelle je m'efforçai de ne pas trop penser.
Charles à une grande qualité : il n'embête pas les gens.
Il me laissa donc m'installer tranquillement, un exploit dont ma mère aurait été incapable.
Je fus contente de cet instant de solitude pendant lequel je n'avais ni à sourire ni à afficher un air béat. Je pus contempler à loisir la pluie battante ; découragée, je m'autorisai même quelques larmes. Je n'étais cependant pas d'humeur à pleurer pour de bon. Je gardais ça pour l'heure du coucher, lorsque je devrais songer au matin suivant.
Le lycée de Forks n'accueillait que trois cent cinquante sept élèves. Cinquante à huit à présent : terrifiant !
_____A Phoenix, les classes de première comptaient à elles seules plus de sept cent individus.
Ici, tous les mômes avaient grandis ensemble au même endroit, comme leur grand parent avant eux. Je serais la nouvelle venue, de la grande ville, un objet de curiosité, un monstre.
Si j'avais eu l'allure d'une fille de Phoenix, j'aurais sans doute pu en tirer davantage.
Mais, physiquement, je ne m'étais pas adaptée. Au lieu d'être bronzée, sportive, blonde, joueuse de volley ,et pourquoi pas pom pom girl, bref, la panoplie de toute fille vivant dans la Vallée du Soleil, j'avais, en dépit de l'éternel été d'Arizona, une peau d'ivoire, sans même l'excuse d'avoir les yeux bleus ou les cheveux roues. J'ai les cheveux brun chocolat au reflet miel qui m'arrive cependant au milieu du dos et les yeux verts...rien de bien intéressant !
_____J'ai toujours été mince, dans le genre mou cependant ( rien d'une athlète ).
Je n'étais pas assez cordonnée dans mes mouvements pour pratiquer un sport sans m'humilier, et je ne parle pas des blessures que je m'infligeais, ainsi qu'a ceux qui se tenaient trop prés de moi.
Mes vêtements rangés dans la vieille commode en pin surmontée d'un miroir, j'emportai ma trousse de toilette dans la salle de bains commune afin de me débarrasser de la crasse du voyage.
Tout en démêlant mes cheveux mouillés, je m'examinai dans la glace.
Peut être était ce la lumière, mais je me trouvai mauvaise mine, le teint terne.
_____Ma peau pouvait être jolie (elle était très pale, presque translucide) à condition d'avoir quelques couleurs, mais je n'avais pas de couleurs ici.
Devant mon reflet blafard, je fus contrainte d'admettre que je me mentais.
Ce n'était pas qu'une question de physique. Je ne m'intégrais pas.
Si je n'avais pas réussi à me fondre au milieu des trois mille élèves de mon précédent lycée, qu'allait il en être dans ce bled ?
_____J'avais du mal à m'entendre avec les gens de mon âge. Plus exactement, j'avais du mal à m'entendre avec les gens, un point c'est tout.
Même ma mère, la personne au monde dont j'étais le plus proche, n'était jamais en harmonie avec moi, jamais sur la même longueur d'onde.
_____Parfois, je me demandais si mes yeux voyaient comme ceux des autres.
Mon cerveau souffrait peut-être d'une défaillance. Mais la cause importait peu, seul comptait l'effet. Dire que demain ne serait qu'un début.
La suiite je vous la poste Vendredi Prochain...
Ou peut être Dimanche soir... tout dépendra de vous !! ^^
bisous et bonne soirée / bonne journée !! ^^
1 com'Z ici ///// le doucle chez toi
10 com'Z ici /////// le double chez toi !! ^^
PROFITEZ A FOND !! ^^

