1 er Chapitre : Premiére Rencontre ! ( I / II )

1 er Chapitre : Premiére Rencontre ! ( I / II )
_____Ma mère me conduisit à l'aéroport toutes fenêtres ouvertes. La température à Phoenix frôlait les vingt et un degrés et le ciel était d'un bleu éclatant.
_____En guise d'adieux je portais ma chemise préférée, la blanche sans manches, aux boutonnières rehaussées de dentelle. J'avais ma veste pour seul bagage à main. Il existe, dans la péninsule d'Olympic, au Nord-Ouest de l'état de Washington, une bourgade insignifiante appelé Forks où la couverture nuageuse est quasi constante. Il y pleut plus que partout ailleurs aux Etats-Unis. C'est cette ville et son climat éternellement lugubre que ma mère avait fuit en emportant le nourrisson que j'étais alors.
_____C'est là que j'avais dû me rendre, un mois tous les étés, jusqu'à mes quatorze ans, âge auquel j'avais enfin osé protester. Ces trois dernières années (donc j'ai 17 ans) mon père Charles, avait accepté de subsister à mes séjours obligatoires chez lui quinze jours de vacances avec moi en Californie. Et c'était vers Forks que je m'exilais à présent (un acte qui m'horrifiait, je déteste Forks).
_____J'adorais Phoenix. J'adorais le soleil et la chaleur suffocante. J'adorais le dynamisme de la ville.

-Rien ne t'y oblige, Nana, me répéta ma mère pour la énième fois avant que je ne grimpe dans l'avion.

_____Ma mère me ressemble, si ce n'est qu'elle a les cheveux court et le visage ridée a force de rire. Je scrutai ses grands yeux enfantins, et une bouffée de panique me submergea.

Comment ma mère aimante, imprévisible et dingue allait-elle se débrouiller sans moi ?

_____Certes, elle avait Phil, désormais. Les factures seraient payées, le réfrigérateur et le réservoir de la voiture remplis, et elle aurait quelqu'un à qui téléphoner quand elle se perdrait. Pourtant...

-J'en ai envie, répondis je.

_____J'ai beau n'avoir jamais su mentir, j'avais répété cette phrase avec une telle régularité depuis quelques semaines qu'il eut l'air presque convaincant.

-Salut Charles de ma part !
-Je n'y manquerais pas.
-On se voit bientôt
, insista t'elle. La maison te reste ouverte. Je reviendrai dés que tu auras besoin de moi.

_____Son regard trahissait cependant le sacrifice que cette promesse représentait.

-Ne t'inquiète pas. Ça va être géniale. Je t'aime, maman.

_____Elle me serra fort pendant une bonne minute, je montai dans l'avion, elle s'en alla.
Entre Phoenix et Seattle, le vol dure quatre heures, auxquelles s'en ajoute une dans un petit coucou jusqu'à Port Angeles, puis une jusqu'à Forks, en voiture.
Autant l'avion ne me gêne pas, autant j'appréhendais la route en compagnie de Charles.
Charles s'est montré a la hauteur. Il avait paru tellement heureux de ma décision (une première de venir vivre avec lui à plus ou moins long terme).
Il m'avait déjà inscrite au lycée, s'était engagé à me donner un coup de main pour me trouver une voiture. (pour les non informé ^^ : au Etats-Unis, on peut conduire dés l'âge de 16 ans)Mais ça n'allait pas être facile.
_____Aucun de nous n'est très bavard, comme on dit, je ne suis pas du genre à meubler la conversation. Je devinais qu'il était plus que perturbé par mon choix (comme ma mère avant moi, je n'avais pas caché la répulsion que m'inspirait Forks). Quand j'atterris a Port Angeles, il pleuvait.-_- Je ne pris pas ça pour un mauvais présage, juste la fatalité.
_____J'avais déjà fais mon deuil du soleil. Sans surprise, Charles m'attendait avec le véhicule de patrouille. Charles Nakamura est le chef de la police, pour les gens de Forks. Mon désir d'acheter une voiture en dépit de mes maigres ressources était avant tout motivée par mon refus de me trimballer en ville dans une bagnole équipée de gyrophares bleus et rouges. Rien de tel qu'un flic pour ralentir la circulation.
_____Charles m'étreignit maladroitement, d'un seul bras, lorsque, m'approchant de lui, je trébuchai.

-Content de te voir, Nana, dit-il en souriant et en me rattrapant avec aisance que donne l'habitude. Tu n'as pas beaucoup changé. Comment va Chantal ?
-Maman va bien. Moi aussi, je suis heureuse de te voire, papa.


_____Devant lui j'étais priée de ne pas l'appeler Charles. Je n'avais que quelques sacs. La plupart des vêtements que je portais en Arizona n'étaient pas assez chaud pour l'état de Washington. Ma mère et moi nous étions cotisées pour élargir ma garde de robe d'hiver, mais ça n'avait pas été très loin. Le tout entra aisément dans le coffre.

-Je t'ai dégoté une bonne voiture, m'annonça Charles une fois nos ceintures bouclées. Elle t'ira comme un gant. Pas chère du tout.
-Quel genre ?


_____Son besoin de préciser qu'elle m'irait comme un gant au lieu de s'en tenir à « une bonne voiture » m'avait rendu soupçonneuse.

-En fait, c'est une camionnette à plateau. Une Chevrolet.
-Ou l'as-tu trouvée ?
-Tu te rappelles de Christian Black de La Push ?


_____La Push est la minuscule réserve indienne située sur la côte.

-Non.
-Il s'en servait pour aller pêcher, l'été.


_____Ce qui expliquait pourquoi je ne m'en souvenais pas. Je suis plutôt douée pour gommer de ma mémoire les détails aussi inutiles que douloureux.
-Il est cloué dans une chaise roulante, maintenant, continua Charles, il ne peut donc plus conduire. Il m'en a demandé un prix très raisonnable.
-De quelle année est elle ?


_____Rien qu'a son expression, je compris qu'il avait escompté couper cette question.

-Euh, Christian a sacrément bricolé le moteur...Elle n'est pas si vieille que ça, tu sais.

_____Il ne pensait quand même que j'allais renoncer si facilement ? je ne suis pas bête a ce point là.

-Il l'a acheté en 1984, me semble t'il, enchaîne t'il.
-Neuve ?
-Euh, non. Je crois que c'est un modèle du début des années soixante, avoua t'il. Ou de la fin des années cinquante. Mais pas plus.
-Char...Papa, je n'y connais rien en mécanique. Je serai incapable de la réparer s'il arrive quoi que ce soit, et je n'ai pas les moyens de payer un garagiste...-T'inquiété Nana, cet engin est comme neuf. On n'en fabrique plus des comme ça, aujourd'hui.

_____« Cet engin... » ça promettait !

-C'est quoi, pas chère ?

_____Après tout, c'était la seule chose sur laquelle je ne pouvais me permettre de me monter difficile.

-Euh, laisse moi te l'offrir, chérie. Une sorte de cadeau de bienvenue.

_____Charles me jeta un coup d'½il plein d'espoir. Une voiture gratuite. Rien que ça !

-Tu n'es pas obligé, papa. J'avais prévu d'en acheter une.
-Fais moi plaisir. Je veux que tu sois heureuse, ici.

_____Il se concentrait de nouveau sur la route. Charles a dû mal à exprimer ses émotions. Difficulté dont j'ai hérité. C'est donc en fixant moi aussi le pare brise que je répondis :

-C'est vraiment très gentil, papa. Merci. C'est un cadeau formidable.

_____Inutile de lui préciser qu'être heureuse a Forks relevait de l'impossible. Il n'avait pas besoin de souffrir avec moi.

-Euh, de rien, marmonna t'il, gêné.

_____Nous échangeâmes encore quelques commentaires sur le temps (humides -_-) et la discussion s'en tint la. Ensuite, nous contemplâmes le paysage.
Magnifique, il me fallait en convenir.
_____Tout était vert : les arbres, leur tronc couvert de mousse, le sol encombré de fougères. Même l'air qui filtrait à travers les feuilles avait des reflets verdâtres. Une overdose de verdure (j'étais chez les martiens).
_____Nous finîmes par arriver chez Charles. Il vivait toujours dans la maisonnette de trois pièces achetée avec ma mère aux premiers (et seuls) jours de leur mariage. Devant ce logis immuable était garée ma nouvelle (pour moi) voiture.
_____D'un rouge délavée, elle était dotée d'ailes énormes et bombées ainsi que d'une cabine rebondie.

A ma plus grande surprise, j'en tombai amoureuse.

_____J'ignorais si elle roulait, mais je m'y voyais déjà. De plus, c'était une de ces bêtes en acier solide qui résistent à tout, de celle qui, en cas de collision, n'ont pas une égratignure alors que le véhicule qu'elle ont détruit gît en pièces détachées sur le sol.

-Elle est géniale, papa ! Je l'adore ! Merci !

_____La journée abominable qui m'attendait le lendemain en serait d'autant moins atroce. Pour aller au lycée, je n'aurais pas à choisir entre une marche de deux kilomètres sous la pluie ou une virée dans la voiture de patrouille du chef Nakamura.

-Ravi qu'elle te plaise, bougonna Charles, embarrassé par mon expansivité.

_____Je ne mis pas longtemps à transporter mes affaires à l'étage. J'avais la grande chambre à l'ouest, celle qui donnait sur la façade. Elle m'était familière, ayant été mienne depuis ma naissance.
Le plancher, les murs bleu clair, le plafond incliné, les rideaux de dentelle jaunie à la fenêtre (tout cela appartenait a mon enfance) .
_____Les seuls changements opérés par Charles au fur et a mesure que j'avais grandi avaient consisté à remplacer le berceau par un lit puis par ajouter un bureau.
Sur ce dernier trônait désormais un ordinateur d'occasion, la ligne du modem agrafé le long de la plinthe jusqu'à la prise de téléphone la plus proche.
Une exigence de ma mère, histoire de garder plus facilement contact.
Il n'y'avait, sur le palier, qu'une petite salle de bains que je devais partager avec Charles, une perspective à laquelle je m'efforçai de ne pas trop penser.
Charles à une grande qualité : il n'embête pas les gens.
Il me laissa donc m'installer tranquillement, un exploit dont ma mère aurait été incapable.
Je fus contente de cet instant de solitude pendant lequel je n'avais ni à sourire ni à afficher un air béat. Je pus contempler à loisir la pluie battante ; découragée, je m'autorisai même quelques larmes. Je n'étais cependant pas d'humeur à pleurer pour de bon. Je gardais ça pour l'heure du coucher, lorsque je devrais songer au matin suivant.
Le lycée de Forks n'accueillait que trois cent cinquante sept élèves. Cinquante à huit à présent : terrifiant !
_____A Phoenix, les classes de première comptaient à elles seules plus de sept cent individus.
Ici, tous les mômes avaient grandis ensemble au même endroit, comme leur grand parent avant eux. Je serais la nouvelle venue, de la grande ville, un objet de curiosité, un monstre.
Si j'avais eu l'allure d'une fille de Phoenix, j'aurais sans doute pu en tirer davantage.
Mais, physiquement, je ne m'étais pas adaptée. Au lieu d'être bronzée, sportive, blonde, joueuse de volley ,et pourquoi pas pom pom girl, bref, la panoplie de toute fille vivant dans la Vallée du Soleil, j'avais, en dépit de l'éternel été d'Arizona, une peau d'ivoire, sans même l'excuse d'avoir les yeux bleus ou les cheveux roues. J'ai les cheveux brun chocolat au reflet miel qui m'arrive cependant au milieu du dos et les yeux verts...rien de bien intéressant !
_____J'ai toujours été mince, dans le genre mou cependant ( rien d'une athlète ).
Je n'étais pas assez cordonnée dans mes mouvements pour pratiquer un sport sans m'humilier, et je ne parle pas des blessures que je m'infligeais, ainsi qu'a ceux qui se tenaient trop prés de moi.
Mes vêtements rangés dans la vieille commode en pin surmontée d'un miroir, j'emportai ma trousse de toilette dans la salle de bains commune afin de me débarrasser de la crasse du voyage.
Tout en démêlant mes cheveux mouillés, je m'examinai dans la glace.
Peut être était ce la lumière, mais je me trouvai mauvaise mine, le teint terne.
_____Ma peau pouvait être jolie (elle était très pale, presque translucide) à condition d'avoir quelques couleurs, mais je n'avais pas de couleurs ici.
Devant mon reflet blafard, je fus contrainte d'admettre que je me mentais.
Ce n'était pas qu'une question de physique. Je ne m'intégrais pas.
Si je n'avais pas réussi à me fondre au milieu des trois mille élèves de mon précédent lycée, qu'allait il en être dans ce bled ?
_____J'avais du mal à m'entendre avec les gens de mon âge. Plus exactement, j'avais du mal à m'entendre avec les gens, un point c'est tout.
Même ma mère, la personne au monde dont j'étais le plus proche, n'était jamais en harmonie avec moi, jamais sur la même longueur d'onde.
_____Parfois, je me demandais si mes yeux voyaient comme ceux des autres.
Mon cerveau souffrait peut-être d'une défaillance. Mais la cause importait peu, seul comptait l'effet. Dire que demain ne serait qu'un début.

La suiite je vous la poste Vendredi Prochain...
Ou peut être Dimanche soir... tout dépendra de vous !! ^^

bisous et bonne soirée / bonne journée !! ^^

1 com'Z ici ///// le doucle chez toi
10 com'Z ici /////// le double chez toi !! ^^

PROFITEZ A FOND !! ^^
# Posté le mercredi 30 avril 2008 19:37
Modifié le lundi 19 mai 2008 14:48

1er Chapitre : Premiére rencontre ! ( I (1/2) lol / II )

1er Chapitre : Premiére rencontre ! ( I (1/2) lol / II )
_____Je dormis mal, cette nuit là, bien que j'eusse pleuré.
_____Les claquements permanents des gouttes et du vent sur le toit refusaient de s'estomper en simple bruit de fond. Je ramenai le vieux couvre lit délavé sur ma tête, y ajoutai plus tard l'oreiller.
Rien n'y fit : je ne m'assoupis pas avant minuit, lorsque la pluie finit par se transformer en un crachin étouffé.
Au matin, ma fenêtre m'offrait pour seul spectacle un épais brouillard, et une sensation de claustrophobie grimpa sournoisement en moi. On ne voyait jamais le ciel, ici ; c'était comme être en cage.
_____Le petit déjeuner en compagnie de Charles se déroula en silence. Il me souhaita bonne chance pour le lycée. Je le remerciai, consciente de la vanité de ses bonnes paroles.
_____La chance avait tendance à me fuir. Charles se sauva le premier vers le commissariat.
Une fois seule, je restai assise sur l'une des trois chaises dépareillées qui entouraient l'ancienne table carrée en chêne et examinai la minuscule cuisine aux murs palissés de bois sombre, aux placard jaune vif et au sol couvert de lino blanc. Rien n'avait changé.
_____C'était ma mère qui avait peint la menuiseries, dix huit ans plus tôt, tentative dérisoire d'amener un peu de soleil dans la maison. Sur le manteau de la cheminée du salon adjacent, pas plus grand qu'un mouchoir de poche, se trouvait une rangée de photo.
_____Une du mariage de Charles et Chantal à Las Vegas, puis une de nous trois à la maternité après ma naissance, prise par une infirmière sympathique, suivie de la ribambelle de mes portraits d'école, y compris celui de l'année précédente.
_____Ces derniers m'embarrassèrent (il faudrait que j'en touche un mot à Charles pour qu'il les mette ailleurs, au moins tant que je vivrais chez lui).
Il m'était impossible, dans cette maison, d'oublier que mon père ne s'était pas remis du départ de maman. J'en éprouvai un certain malaise.
_____Je ne tenais pas à arriver trop tôt au lycée, mais je ne supportais pas de rester ici une minute de plus. J'enfilai ma veste (qui me fit l'effet d'avoir été tissé dans un composant dangereux pour l'homme) et sortis.
_____Il bruinait encore, pas de quoi me tremper néanmoins pendant les quelques minutes où j'attrapais la clé toujours cachée sous l'avant toit de la porte et verrouillai celle-ci.
Mes nouvelles bottes imperméables chuintaient d'une façon agaçante. Les craquements habituels du gravier sous mes pas me manquaient.
_____Je n'eus pas le l'occasion d'admirer ma camionnette tout mon content ; j'avais trop hâte d'échapper à la brume humide qui virevoltait de ma tête et s'accrochait à mes cheveux, en dépit de ma capuche.
_____L'habitacle était agréablement sac. Christian ou Charles avaient apparemment fait un brin de ménage, même si les sièges capitonnées marron clair sentaient encore un peu le tabac, l'essence et la menthe poivré (p'tit Déliire !! ^^)
_____A mon grand soulagement, le moteur réagit au quart de tour, mais bruyamment, rugissant à l'allumage avant de tomber dans un ralenti assourdissant.
Bah ! Un véhicule aussi antique ne pouvait être parfait. La radio Antédiluvienne fonctionnait, une heureuse surprise.
_____Bien que je n'y eusse jamais mis les pieds, trouver le lycée fut un jeu d'enfant. Comme la plupart des autres édifices officiels locaux, il était situé le long de la quatre voies.
A premières vues, il n'avait rien d'un établissement scolaire. Seul le panneau annonçant sa fonction m'incita à m'arrêter.
_____On aurait dit une série de maison en briques bordeaux. Il était noyé au milieu de tant d'arbres et d'arbustes que j'eus d'abord du mal à en mesurer l'étendue.
Je me garai devant le premier bâtiment, qui arborait, au dessus de sa porte, un écriteau marquée ACCUEIL. Il n'y'avait aucune autre voiture, d'où je conclus que le stationnement était interdit.
_____Mieux valait cependant demander un plan à l'intérieur plutôt que de tourner en rond sous la pluie comme une idiote. Quittant à regret la cabine surchauffée, je remontai un étroit chemin pavé bordé de haies sombres.
Je pris une profonde respiration avant d'entrer.
_____L'intérieur était brillamment éclairé et plus chaleur que ce que j'avais prévu. Le bureau n'était pas vaste : une salle d'attente exiguë avec des chaises pliantes capitonnées, une moquette mouchetée, orange et de mauvaise qualité, des murs surchargés d'avis et de trophées, une grosse pendule bruyante. _____Des plantes poussaient à profusion dans des grands pots en plastique, à croire qu'il n'y avait pas assez de verdures dehors. La pièce était coupée en deux par un long comptoir qu'encombraient des dépliants aux couleurs vives et des corbeilles métalliques débordant de paperasse. Derrière, trois bureaux, dont l'un réservé à une matrone à lunettes et cheveux rouges. Elle portait un t-shirt violet qui me donna aussitôt le sentiment d'être sur mon trente et un.
La femme à la crinière flamboyante leva la tête :

-Je peux t'aider ?
-Je m'appelle Nanaoh Nakamura
, l'informais je.

_____Immédiatement, un éclat alluma son ½il. Elle était au courant, j'étais attendue, un sujet de ragots à n'en pas douter. La fille, enfin rentrée au bercail, de l'ex-épouse volage du Chef.

-Ah oui, acquiesça t'elle.

_____Elle fouilla dans une pile dangereusement instable de papiers jusqu'à dénicher ceux qu'elle cherchait.

-Voici ton emploi du temps. Et un plan du lycée.

_____Elle m'apporta plusieurs feuilles et m'indiqua l'emplacement de mes classes, surlignant les chemins les plus rapides. Elle me donna aussi une fiche à faire signer par chaque prof et m'avertit que j'étais priée de la lui rapporter en fin de journée. Avec un sourire, elle émit, comme Charles, le v½u que je me plusse à Forks. Je lui répondis par le rictus le plus convaincant à ma disposition.
_____Lorsque je regagnai la Chevrolet, d'autres élèves avaient commencé à arriver.
Suivant la file des véhicules, je contournai le lycée. Je constatai avec plaisir que la plupart des voitures étaient plus vieilles que la mienne, rien de tape à l'½il.
_____A Phoenix, j'avais vécu dans un des rares quartiers modestes ponctuant le district de Paradise Valley. Il n'était pas rare de voir une Mercedes ou une Porsche flambant neuves sur le parking.
Ici, la plus belle voiture était une Volvo rutilante, et elle détonnait.
Malgré tout, je coupai le contact dés que j'eus trouvé une place, histoire de ne pas trop attirer l'attention par mes pétarades.
_____Avant de descendre, j'essayai de mémoriser mon plan afin de ne pas devoir le sortir à tout bout de champ, au vu de tous.
_____J'enfouis ensuite les papiers dans mon sac, mis ce dernier sur mon épaule et respirai un grand coup « Tu peux le faire, me mentis je sans beaucoup de conviction. Personne ne va te mordre. »
Sur ce, je soufflai et m'extirpai de l'habitacle.
_____Prenant soin de dissimuler mon visage sous ma capuche, j'empruntai le trottoir bondé d'adolescents. Ma veste noire unie se fondait dans la masse, ce qui me soulagea.
Une fois que j'eus dépassé la cantine, je dénichai le bâtiment 3 sans difficulté ( un gros chiffre noir était peint sur fond blanc ).
_____Au fur et à mesure que je m'en rapprochais, je sentais mon pouls s'accélérer de façon désordonné. Je franchis la porte derrière deux imperméables unisexes en tâchant de contrôler ma respiration. La salle de classe était modeste.
_____Les élèves qui me précédaient s'arrêtèrent sur le seuil pour suspendre leurs manteaux à une longue rangée. Je les imitai.
_____C'étaient deux filles, une blonde à peau porcelaine, l'autre également pâle, avec des cheveux châtain clair. Au moins, je ne serais pas la seule ici à être blanche comme un lavabo.
J'allai porter ma fiche de présence au prof, un grand homme au front dégarni dont le bureau portait une plaque l'identifiant comme M.Mason.
_____En voyant mon nom, il me dévisagea bêtement ( une réaction pas très encourageante ) et, bien sûr, je rougis comme une pivoine.
_____Sans prendre la peine de me présenter aux autres, il finit par m'envoyer à un pupitre vide au fond de la classe. A cette place, il était plus difficile à mes nouveaux camarades de me reluquer, ce quine les dissuada pas pour autant.
_____Je gardai les yeux baissés sur la bibliothèque que le prof m'avait remise. Guère originale : Brontë, Shakespeare, Chaucer, Faulkner. J'avais déjà tout lu.
Ce qui était à la fois réconfortant et...ennuyeux.
_____Je me demandai si ma mère accepterait de m'expédier mon classeur de vieilles dissertations ou si elle considérerait que c'était de la triche.
_____Pendant que M.Mason ronronnait, je passai en revue différents scénarios de dispute avec elle.
Quand la sonnerie (espèce de bourdonnement nasal) se fit entendre, un boutonneux dégingandé aux cheveux aussi noirs qu'une nappe de pétrole se penche depuis la rangée de tables voisines pour me parler.

-Tu es Nanaoh Nakamura, hein ?

_____Le prototype du joueur d'échecs excessivement serviable.

-Nana, le corrigeai je.

_____Tous ceux qui étaient assis dans un rayon de trois chaises se retournèrent pour me lorgner.

-Quel est ton prochain cours ? demanda t'il.

_____Je dû vérifier dans mon sac.

-Euh...civilisation. Avec Jefferson. Bâtiment 6.

_____J'étais cernée de tous les côtés par des regards avides.

-Je vais au 4, je peux te montrer le chemin. (Décidément trop obligeant). Je m'appelle Eric.
-Merci, répondis je avec un sourire timide.


_____Enfilant nos vestes, nous sortîmes sous la pluie qui avait repris de plus belle. J'aurais juré que plusieurs personnes marchaient suffisamment prés de nous pour entendre ce que nous disions. Je devenais paranoïaque, il fallait que je me surveille.

-Alors, c'est drôlement différent de Phoenix, hein ? s'enquit Eric.
-En effet.
-Il ne pleut pas beaucoup là bas, non ?
-Trois ou quatre fois par an.
-La vache, ça doit être bizarre.
-Juste ensoleillé.
-Tu n'es pas très bronzé.
-Ma mère est albinos.


_____Il me dévisagea avec une telle stupeur mâtinée de frayeur que je soupirai. Apparemment, nuages et sens de l'humour étaient incompatibles. Encore quelques mois de ce régime là, et j'oublierais comment manier le sarcasme.
_____Contournant la cafétéria, nous nous dirigeâmes vers les bâtiments sud, prés du gymnase.
Eric se donna la peine de m'accompagner jusqu'à la porte, alors que celle-ci était visible à des kilomètres.

-Eh bien, bonne chance ! me lança t'il au moment où j'attrapais la poignée. Nous aurons peut être
d'autres cours ensemble
, ajouta t'il, plein d'espoir.

_____Je lui adressai un hochement de tête vaguement aimable et entrai.
Le reste de la matinée se déroula grosso modo de la même façon. Mon prof de math, M. Varner, que j'aurais de tout manière détesté rien qu'a cause de la matière qu'il enseignait, fut le seul qui m'obligea à me planter devant la classe pour me présenter. Je balbutiai, piquant un fard et trébuchai sur mes propres chaussures en allant m'asseoir.
_____Au bout de deux heures de cours, j'étais capable de reconnaître quelques visages ; chaque classe avait toujours son courageux pour entamer la conversation et me demander des impression sur Forks. Je m'essayai à la diplomatie mais, pour l'essentiel, je mentis. Avantage : je n'eus pas besoin une seule fois de mon plan.
_____Une fille s'assit à côté de moi en maths et en espagnol, et c'est ensemble que nous gagnâmes la cantine à midi. Elle était frêle largement plus petite que mon mètre septante et un, mais sa masse de boucles brunes compensait notre différence de taille. Son prénom refusant de s'inscrire dans mon cerveau, je me contentai d'acquiescer à son verbiage sur les profs et les cours, un air béat sur le visage. Je ne tentai même pas de suivre la conversation.
_____Nous nous installâmes au bout d'une table bondée, et elle m'introduisit auprès de quelques unes de ses amies, dont j'oubliais les noms au fur et a mesure qu'elle les énonçait.
_____Elles paraissaient impressionnées par l'audace dont elle faisait preuve en m'adressant la parole.
_____De l'autre côté de la salle, le garçon de mon cours d'anglais, Eric, m'adressa de grands signes du bras.
C'est là, en pleine cantine, alors que je m'efforçais de discuter avec des inconnues indiscrètes, que je les vis pour la première fois...


coucou chéres lectrices,
alors ce chapiitre vous plait ? enfiin la moitié parce que si je mets direct la suiite y'ora plus d'action !! ^^
je sais, j'suiis mechante de vous faiire ça !! ^^
en tout cas, merci pour vos com'z c'est gentille !! ^^
vous avez d'autres suggestions a me faiire par rapport a cette histoire ?


dsl, mais je ne mets pas de couleurs pour les dialogues, je compte mettre beaucoup, enfiin pas mal de personnages et je vais pas mal m'embrouiller avec ça si je le faiis donc dsl...

Enfaite, je sais je le redis mais je poste tous les VENDREDI donc des que vous passerez vendredi apres 18h, elle sera deja la comme une ptiite serie, sur ce bonne journée/ soirée... ^^

gros bisouxXx....
# Posté le vendredi 09 mai 2008 12:18
Modifié le mardi 20 mai 2008 12:05

1 er chapiitre : premiére rencontre ( II/II )

1 er chapiitre : premiére rencontre ( II/II )
_____Ils étaient assis dans un coin, aussi loin que possible du milieu de la longue pièce où je me trouvais. Ils étaient cinq. Ils ne parlaient pas, ne mangeaient pas, bien qu'ils eussent tous un plateau (intact !!) devant eux.
_____Contrairement à la plupart des élèves, ils ne me guignaient pas, et il me fût aisé de les observer sans risquer de rencontrer une paire d'yeux exagérément curieux.

_____Ce ne fut, cependant rien de tout cela, qui attira (et retint) mon attention.

_____Ils n'avaient aucun trait commun. L'un des trois garçons, cheveux sombre et long, était massif, musclé comme un type qui soulève des poids de 100 kg. Le deuxième, blond avec des dreadlocks, était plus grand, plus élancé, mais bien bâti. Le dernier, était long et mince, avec une tignasse désordonnée couleur jais (noir). Il avait l'air plus gamin que les deux autres, lesquels évoquaient moins des lycéens que les étudiant de la fac, voire des enseignants.
_____Les filles étaient à l'opposé l'une de l'autre. La grande était hiératique. Elle avait une silhouette magnifique, comme celle qui font la couverture du numéro spécial, maillot de bain de Sports Ilustrated, du genre qui amène chaque femme se retrouvant à côté d'elle à douter de sa propre beauté. Sa chevelure dorée descendait en vagues douces j'jusqu'au milieu de son dos. La petite, mince à l'extrême, fine rappelait un lutin. Ses cheveux noir corbeaux coupés très court pointaient dans tous les sens.
_____Et pourtant, ces cinq là se ressemblaient de façon frappante. Ils étaient d'une pâleur de craie, plus « « diaphanes » que n'importe quel ado, l'albinos. Tous avaient les yeux très sombres, en dépit des nuances variées de leurs cheveux. Ils présentaient également de larges cernes sombres, violets, pareils à des hématomes, comme s'ils souffraient d'insomnie ou relevaient à peine d'une fracture du nez. Bien que celui-ci, à l'instar de tous leurs traits, fût droit, parfait, aquilin.
_____Mais ce n'était pas ça, non plus qui me fascina en eux. Ce furent leurs visages, si différentes et si semblables, d'une splendeur inhumaine et dévastatrices. De ces visages qu'on ne s'entend jamais à rencontrer sauf, éventuellement, dans les pages coiffure d'un magazine de mode.
_____Ou sous le pinceau d'un maître ancien, ayant tenté de représenter un ange. Il était difficile de déterminer lequel était le plus sublime. La blonde sans défaut, ou le garçon au cheveux de jais désordonnés, peut être.
_____Tous les cinq avaient le regard éteint. Il ne se regardaient pas, e regardaient pas leurs condisciples, ne regardaient rien en particulier pour autant que je pusse en juger.
_____Soudain, la plus petite des filles se leva et s'éloigna de ces grandes enjambés rapides et élégantes qui n'appartiennent qu'aux mannequins. Je la suivis des yeux, ébahi par sa démarche gracile de danseuse, jusqu'à ce qu'elle se fût débarrassée de son plateau (canette non ouverte, pomme non entamé) et glissée par la porte de derrière, incroyablement vite. Je revins aux autres. Ils n'avaient pas bronché.

-Qui sont ces gens ? demandais-je a ma voisine, dont le nom m'échappait toujours.

_____Au moment où elle se redressait pour voir de qui je parlais, bien qu'elle l'eût sûrement deviné rien qu'a mon ton, Il leva brusquement la tête (le plus mince, le gamin, le benjamin sans doute). Il s'attarda moins d'une seconde sur ma collègue d'espagnol, avant de m'aviser.
_____Il détourna les yeux rapidement, plus vif que moi, alors que soudain, très gênée, j'avais aussitôt baissé les miens. L'espace de ce bref instant, j'avais cependant eu le temps de noter que ses traits n'exprimaient aucun intérêts : c'est comme si mon interlocutrice l'avait hélé et qu'il avait réagi instinctivement, sachant pourtant qu'il n'avait aucune intention de lui répondre. Confuse, ma voisine rigola et, comme moi, se concentra tout à coup sur ces ongles.

-Bill et Tom Kaulitz, Rosalie et Gustav Listing, récita t'elle. Celle qui est parti c'est Alice Kaulitz. Ils vivent avec le docteur Kaulitz et sa femme.

_____Tout cela dans un souffle.
_____Je jetai un coup d'½il à la dérobée en direction de l'Apollon qui, maintenant, s'intéressait à son plateau, réduisant en charpie un beignet avec ses longs doigts pâles.
_____A peine entrouverte, sa bouche admirable remuait à toute vitesse. Ses trois commensaux l'ignoraient, mais il ne fût pas difficile de deviner qu'il leur parlait à voix basse.

_____Des prénoms étranges et rares, songeai-je.

_____Je finis par me souvenir que ma voisine s'appelait Jessica, un prénom des plus communs. A Phoenix, j'en avais eu deux en cours d'histoire.

-Ils sont... pas mal du tout !

_____Cette phrase des plus flagrantes eut du mal à franchir mes lèvres.

-Tu m'étonnes ! s'esclaffa Jessica. Oublie, ils sont en couple. Du moins Tom et Rosalie, Gustav et Alice. Et ils vivent ensemble.

_____Sa voix détonait à la fois l'étonnement et la condamnation typiques d'une petite ville, pensais-je avec dédain. Pour être honnête, je devais cependant admettre que, même a Phoenix, la situation aurait provoqués des commérages.

-Lesquels sont les Kaulitz ? Ils n'ont pas l'air d'être de la même famille...
-Ils ne le sent pas. Le docteur a la petite trentaine, il les a adoptés, Les Listing, les blonds eux sont frères et s½ur, jumeaux. Placés en famille d'accueille.
-Ils ne sont pas un peu vieux, pour ça ?
-Sais pas. Ils ont dix huit ans, mais ils habitent avec Mme Kaulitz depuis qu'ils en ont huit. Elle est leur tante, genre.
-C'est vraiment sympa de la part des Kaulitz. S'encombrer aussi jeunes d'autant de gamins.
-Ouais, j'imagine
, admit Jessica avec réticence.

_____J'eus l'impression que, pour une raison quelconque, elle n'aimait pas beaucoup le couple. Vu les regards qu'elle lançait à leurs rejetons, j'en conclus que c'était par jalousie.

-Je crois bien que Mme Kaulitz ne peut pas avoir d'enfants, précisa t'elle, comme si cela contrebalançait leur générosité.

_____Tout en conversant, je ne cessais d'épier furtivement mes surprenants condisciples. Eux continuaient à contempler les murs sans manger.

-Ils ont toujours vécu à Forks ? demandai-je.

_____Auquel cas, j'aurais dû le remarquer pendant l'un de mes séjours estivaux.

-Non, répondit Jessica d'une voix sous entendant que ça aurait dû être évident, même pour une fille fraîchement débarquée comme moi. Ils ont déménagé il y'a deux and d'Alaska.

_____J'éprouvai un élan de compassion, puis de soulagement. De compassion, parce que, aussi beaux fussent- t'ils, ils restés des étrangers rejetés par leurs pairs ; soulagement, parce que je n'étais finalement pas la seule nouvelle et, surtout, pas la plus captivante.
_____Tout à coup, le plus jeune des Kaulitz (bill ^^), plongea les yeux dans les miens. Son expression était, cette fois, celle d'une franche curiosité. Je me dérobai vivement, mais pas avant d'avoir décelé en lui, une sorte d'espérance à laquelle je n'avais pas de réponse.

-Qui c'est, ce garçon aux cheveux noirs en formes de piques d'hérisson ? m'enquis-je.

_____Mine de rien, je constatai qu'il poursuivait son examen de moi. Contrairement aux autres élèves, il ne se montrai pas indiscret au point d'être impoli. En revanche, ses traits étaient empreints d'une sorte de frustration que je ne compris pas. Je baissai la tête.

-Bill. Il est superbe, mais inutile de perdre ton temps. Apparemment, aucune des filles d'ici n'est assez bien pour lui.

_____Jessica renifla avec une telle ranc½ur que je me demandai quand il avait refusé ses avances. Je me mordis les lèvres pour cacher mon sourire avant de m'intéresser de nouveau à eux. Bill avait beau s'être détourné, il me sembla bien que sa joue tressaillait, comme si lui aussi avait étouffé un rire.
_____Quelques minutes plus tard, tous les quatre se levèrent d'un même mouvement. Ils étaient d'une grâce remarquable, y compris le costaud. C'en était déroutant. Bill ne me prêtait plus aucune intention.
Je restai en compagnie de Jessica et de ses amies plus longtemps que je ne l'aurais voulu, alors que je ne tenais pas à arriver en retard à l'un de mes cours, en ce premier jour. Une de mes nouvelles connaissances, qui prévenante, me rappela son prénom ( Angela ), avait classe de biologie avancée avec moi dans l'heure qui suivait. Nous nous y rendîmes ensemble, en silence. Elle aussi était réservée...
_____Quand nous entrâmes dans le labo, Angela fila s'installer derrière une paillasse exactement identique à celles dont j'avais eu l'habitude en Arizona. Elle avait déjà une voisine attitré. D'ailleurs, toutes les tables étaient occupées, sauf une, dans l'allée centrale. Je reconnus Bill Kaulitz à ses cheveux extraordinaires, assis à coté de l'unique tabouret libre.
_____Pendant que j'allais me présenter au prof et faire signer ma fiche, je l'observai en catimini. Au moment où je passai devant lui, il se raidit sur son siège et me toisa. Son visage trahissait cette fois des émotions surprenantes ( hostilité et colère). Choquée, je m'esquivai rapidement en m'empourprant. Je trébuchai sur un livre qui traînait et dus me rattraper à une table. La fille qui y était assisse pouffa...

_____Les yeux de Bill étaient d'un noir d'encre.

_____M.Banner parapha ma feuille de présence et me tendit un manuel sans s'embarrasser de politesses inutiles. Je pressentis que lui et moi allions nous entendre. Naturellement, il n'eut d'autres choix que de m'envoyer à la seul place vacante. Je m'y rendis, regard rivé sur le plancher, encore stupéfaite par l'hostilité de mon futur voisin.
_____J'eus beau garder profil bas quand je posai mes affaires sur la paillasse et m'assis, je vis au coin de l'½il Bill changer de posture et s'éloigner, se pressant à l'extrême bord de son tabouret, la figure de biais, comme s'il tachait de fuir une mauvaise odeur. En douce, je reniflai mes cheveux. Ils sentaient la fraise, le parfum de mon shampoing préférée. Un arôme plutôt innocent. Je m'abritai derrière la tenture de mes cheveux et m'efforçai de suivre la leçon. Malheureusement, elle portait sur l'anatomie cellulaire, un sujet que j'avais déjà étudié. Je pris néanmoins des notes avec application, le nez collé à mon cahier.
_____Malgrés moi, je revenais sans cesse à mon étrange partenaire de labo. Pas un instant il ne se détendit ni ne se rapprocha. La main posée sur sa jambe gauche, serrée, formait un poing où e dessinait les tendons sous ka peau blême. Elle non plus ne se relâcha pas. Les manches longues de sa chemise de sa chemise blanche relevés jusqu'au coudes dévoilaient des avant bras étonnamment fermes et musclés. Il ne paraissait plus aussi fluet, loin de son robuste frère.
_____Le cours sembla s'éterniser. Etait-ce parce que la journée touchait à sa fin ou parce que j'attendais que ce poing se relaxe ? En tout cas, cela ne se produisit pas. Bill ne broncha pas. On aurait dit qu'il ne respirait pas. Qu'avait il ? Ce comportement était il habituel ? Je revis mon jugement quand à l'amertume de Jessica. Elle n'était peut être pas aussi aigrie que je l'avais supposé. Cela n'avait rien à voir avec moi, sûrement. Il ne me connaissait pas.
_____Je me permis un nouveau coup d'½il, ce que je regrettai aussitôt. Il me contemplait de ses prunelles noires qui exprimaient une telle répulsion. Je tressaillis et revins à mon livre en me tassant sur mon tabouret. La phrase « si le regard pouvait tuer » me traversa l'esprit.
_____A cet instant, la cloche sonna, et je sursautai. Bill Kaulitz était comme un ressort. Me tournant le dos, il se leva avec souplesse (il était bien plus grand que je ne l'avais estimé) et quitta le labo avant que quiconque n'est bougé.
_____Je restai pétrifié sur place, le suivant des yeux sans le voir. Son attitude avait été odieuse. Injuste. Je rassemblai lentement mes affaires tout en m'évertuant à maîtriser la colère qui montait en moi, par crainte d'éclater en sanglots. Bizarrement, mes humeurs sont reliés à mon canal lacrymal. Je pleure lorsque je suis furieuse, un travers des plus humiliants.

-C'est toi, Nanaoh Nakamura ? demanda soudain une voix masculine.

_____Levant la tête, je découvris un garçon au charmant visage poupin et aux cheveux blonds soigneusement gominés en points désordonnées. Il me souriait chaleureusement. De toute évidence, lui ne trouvais pas que je puais.

-Nana, rectifia-je d'une voix aimable.
- Je m'appelle Mike.
-Salut, Mike.
-Tu as besoin d'aide pour trouver ton cours d'après ?
-Je crois que je me débrouillerai. J'ai gym.
-Moi aussi
, s'exclama t'il, visiblement ravi, alors que ce n'était sans doute pas une telle coïncidence dans un établissement aussi petit.

_____Nous y allâmes de conserve. C'était un bavard. Il alimenta l'essentiel de la conversation, ce qui m'arrangea. Il avait vécu en Californie jusqu'à l'âge de dix ans, et il comprenait mes réticences envers le climat local. Il se révéla qu'il partageait également mon cours d'anglais. Ce fût la personne la plus agréable que je rencontrai ce jour là. Enfin jusqu'au moment où nous pénétrâmes dans le gymnase, car il me lança :

-Alors, tu as planté ton crayon dans la main de Bill Kaulitz, ou quoi ? Je ne l'ai jamais vu dans un tel état.

_____Je chancelai. Je n'étais donc pas la seule à l'avoir remarqué. Apparemment la réaction de Bill Kaulitz avait été anormale. Je décidai de la jouer les gourdes.

-Tu veux dire le garçon à côté duquel j'étais assisse en biologie ? Répliquai je ingénument.
-Oui. J'ai cru qu'il avait une rage de dents !
-Je ne sais pas. Je ne lui ai pas adressé la parole.
-Il est zarbi
, poursuivit Mike en s'attardant auprès de moi au lieu de gagner les vestiaires. Moi, si j'avais eu la chance de partager une paillasse avec toi, je t'aurais parlé.

_____La prof de gym, Clapp, me dénicha une tenue mais ne m'autorisa pas à participer à ce premier cours. A Phoenix, l'éducation physique n'était obligatoire que durant deux ans. Ici, on n'y coupait pas de toute sa scolarité. Forks était décidément mon Enfer personnel sur terre. J'assistai à quatre match de volley en simultané. Me souvenant du nombre de blessures que j'avais subies ( et infligées ) en pratiquant ce sport, la bile me monta aux lèvres.
_____La sonnerie finit par retentir. Je retournai lentement à l'accueil pour y rendre ma fiche. La pluie avait cessé, remplacée par un vent violent. Et froid. J'enroulai mes bras autour de moi.
Lorsque j'entrai, je faillis tourner les talons et m'enfuir.
_____Bill Kaulitz se tenait devant le comptoir. Je le reconnus à sa tignasse hors du commun. Il n'eut pas l'air de remarquer mon arrivée. Je me pressai contre le mur du fond, attendant que la secrétaire fût libre. Il discutai avec animation, d'une voix basse et séduisante. Je ne tardai pas à saisir l'objet de leur dispute : il essayait de déplacer son cours de science Nat. N'importe quelle autre horaire ferait l'affaire. Je ne parvins pas à croire que c'était uniquement à cause de moi. Il devait y avoir eu autre chose, un événement antérieur à ma présence. Sa fureur relevait forcément d'une exaspération qui ne me concernait pas. Il était impossible que cet inconnu éprouvât un dégout aussi soudain et intense à mon égard.
_____La porte se rouvrit, et un courant d'air polaire envahit la pièce, agitant des papiers et ébouriffant mes cheveux. La nouvelle venue se contenta de glisser vers le bureau pour y déposer une note avant de ressortir, mais Bill Kaulitz se raidit. Il se tourna lentement et me toisa (sa beauté frôlait l'absurde) de ses yeux perçants et emplis de haine. Un instant, une bouffée de terreur pure hérissa le duvet de mes bras. Ce regard ne dura qu'une seconde, il réussit néanmoins à me transir pus que la bise glaciale.
L'Apollon s'adressa de nouveau à la secrétaire.

-Tant pis, décréta t'il de sa voix de velours. C'est impossible, et je comprend. Merci quand même. là-dessus, il pivota sur ses talons et, m'ignorant royalement, disparut.

_____Je m'approchai du comptoir et tendis ma fiche signée. Je devinai, que pour une fois, je n'avais pas rougis, mais, au contraire blêmi.

-Comment s'est passée cette première journée, petite ? me demanda la secrétaire d'un ton maternel
-Très bien, mentis je.

_____Mal. Car elle n'eut pas l'air très convaincue.
_____Sur le parking, la camionnette était quasiment le dernier véhicule encore présent. Elle me fit l'effet d'un refuge, du lieur qui, déjà, évoquait pour moi le plus un foyer, dans ce trou perdu vert et humide. J'y restai assisse un moment, contemplant le pare brise avec des yeux vides.
_____Je ne tardai pas néanmoins à avoir assez froid pour devoir brancher le chauffage, et je mis le contact. Le moteur rugit. Je rentrai chez Charles, luttant tout le chemin contre les larmes.


Dsl du retard, mes chéres lectriices...
hum...j'attendaiis une réponse !! enfiin...hum !!^^


il se peut que pour les prochains chapiitre, il y'ait kelkes changements apparents...couleur du texte, enfaiite je suiis a la recherche d'une personne pour m'aiD a décorer mes textes...^^
si il y'a kk1 de confiance qui pourrait m'aiD ça seraiit super sympa !! ^^


Sur ce... on s'voiit au prochaiin chapiitre !! ^_-

3t jspr que v0us avez aiimez ce chapiitre...^^
# Posté le vendredi 16 mai 2008 09:45
Modifié le jeudi 22 mai 2008 08:37

Desoler pour ce LOOOOOOOOOOOOOOOOoooong absence ! X_X'

Desoler pour ce LOOOOOOOOOOOOOOOOoooong absence ! X_X'
Mais j'ai une bonne excuse, je devais bien travailler, et réussir coute que coute mes examens...^^
que j'ai reussi, avec examen de passage en technologie...U_U'

Bon soit, je vais continuer à poster ! ^^
encore mille fois, desoler...


ps: j'ai reactiver les commentaires, pour que les fics que je lis me previenne ! ^__-

Bon, ben voila en gros... ^^
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# Posté le jeudi 03 juillet 2008 16:29

2 eme chapitre ! ^^ A livre ouvert ! ( I/III)

2 eme chapitre ! ^^ A livre ouvert ! ( I/III)
Le jour suivant fut mieux...et pire.
Mieux parce qu'il ne pleuvait pas encore, bien que les nuages fussent denses et opaques. Plus décontracté parce que je savais à quoi m'attendre. Mike s'assit à côté de moi en anglais, sous le regard peu amène d'Eric le joueur d'échecs ; c'était assez flatteur. Les gens ne me reluquèrent pas avec autant d'insistance que la veille. Je déjeunai avec un tout un groupe, parmi lequel Mike, Eric, Jessica et plusieurs personnes dont les visages et les noms ne s'étaient plus aussi étrangers. J'eus le sentiments que je commencer à flotter au lieu de couler à pic.
Pire, parce que j'étais fatiguée. Je n'arrivais toujours pas à dormir, avec le gens qui mugissait autour de la maison. Pire, parce que M. Varner m'interrogea en maths (alors que je n'avais pas levé le doigt ), et que je me trompai. Nul, parce que je dus jouer au volley et que, la seule fois où je n'évitai pas le ballon, je le lançai sur la tête de mes coéquipiers. Pire, parce que Bill Kaulitz était absent.
Toute la matinée, je redoutai l'heure de la cantine et la perspective de son attitude déstabilisante. Une partie de moi, souhaitait se confronter à lui et exiger des explications. Pendant ma nuit d'insomnie, j'avais même répété mon discours. Je me connaissais néanmoins suffisamment bien pour savoir que je n'aurais pas ce courage. A côté de moi, Cendrillon a des allures de Terminator.
Lorsque j'arrivai à la cafétéria avec Jessica (en m'efforçant, en vain, de ne pas le chercher des yeux), je découvris que, si ses étranges frères et s½urs étaient déjà installés, lui n'était pas là. Mike nous intercepta pour nous entrainer à sa table. Jessica parut ravie de cette attention, et ses amies ne tardèrent pas à se joindre à nous. Tout en essayant d'écouter leur insouciant bavardage, je cédai à un malaise tenace et guettai nerveusement le moment où il apparaitrait. Je priai pour qu'il se contentât de m'ignorer, afin de me prouver que mes soupçons étaient infondés.
Il ne vint pas, le temps passa, et ma tension augmenta. Lorsqu'a la fin du repas, son absence se confirma. C'est avec plus d'assurance que je me rendis en cours de biologie. Mike, qui montrait toutes les qualités d'un saint Bernard, m'accompagna fidèlement aux portes du labo. Sur le seuil, je retins mon souffle, mais Bill n'était pas la non plus. En soupirant, je gagnai ma place. Mike m'emboita le pas, sans cesse de pérorer sur une sortie prévue à la mer. Il s'attarda prés de mon bureau jusqu'à la sonnerie puis, avec un sourire de regret, il alla s'asseoir à coté d'une malheureuse qui arborait un appareil dentaire et des cheveux gras. Visiblement, j'allais devoir m'occuper de lui, ce qui me promettait de ne pas être facile. Dans une ville comme Forks, où les gens vivent les uns sur les autres, un peu de diplomatie est indispensable. Le tact n'a jamais été mon fort, et je manquais de pratique pour ce qui était d'éconduire des garçons un peu trop cordiaux.
Je fus soulagée d'avoir la paillasse pour moi seule. Du moins, c'est ce que je me répétai. En vérité, j'étais obsédée par l'idée d'être à l'origine de la défection de Bill.. Penser que j'étais capable d'affecter quelqu'un à un tel degré était ridicule et égocentrique.
Impossible, malgré tout, je m'inquiétai.
Lorsque les cours s'achevèrent enfin et que le feu de mes joues (provoqué par un nouvelle incident en gym) se fût atténuée, je remis rapidement mon jean et mon sweater bleu marine et quittai en trombe les vestiaires, heureuse de constater que j'avais réussi à semer mon protecteur canin. Je fonçai sur le parking, à cette heure encombré d'élèves, grimpai dans ma camionnette et fouillai mon sac pour vérifier que je n'avais rien oublié.
La veille au soir, je m'étais aperçue que les talents culinaires de Charles ne dépassaient guère le stade des ½ufs au bacon. J'avais donc exprimé le désir d'être chargée des repas pendant la durée de mon séjour. Mon père avait été plus que ravi de me donner les clés de la salle de banquet. J'avais découvert par la même occasion qu'il n'y avait rien à manger à la maison. Ainsi, j'avais emporté au lycée ma liste de commissions et du liquide pris dans un bol étiqueté ARGENT DES COURSES. Je partais en expédition au supermarché du coin.
Je démarrai mon engin pétaradant sans tenir compte prudemment avant de me glisser dans le flot de voitures qui attendaient de pouvoir sortir du parking. Tandis que je patientais, laissant entendre que les grondements assourdissant de me Chevrolet venaient d'un autre véhicule que le mien, je vis les Kaulitz et les Listing monter dans leur voiture. C'était la Volvo neuve et rutilante. Comme par hasard. Jusque là, je n'avais pas pris garde à leurs vêtements, trop fascinés par leurs visages. En les observant de plus prés, je m'aperçus clairement qu'ils étaient habillés avec une élégance hors du commun ; des affaires toutes simples, mais qui revendiquaient avec subtilités des origines griffés. Ils se seraient baladés en haillons que ça n'aurait cependant rien changé à leur beauté et à leur allure remarquable. Tant de classe et de richesse à la fois pouvaient agacé, même si la vie, la plupart du temps, fonctionnait ainsi, hélas. En tout cas, leur apparence ne les aidait pas à s'intégrer dans l'univers du lycée. Mais non ! Je ne croyais pas vraiment à un ostracisme. Leur isolement était sans doute un choix. Il était impensable que les portes ne s'ouvrissent pas devant tant de vénusté.
Comme tout le monde, ils examinèrent ma bruyante guimbarde lorsque je les dépassai, et je fus bien contente de m'éloigner.
Le supermarché était tout proche de là, juste à la sortie suivante sur la quatre voies. Faire les courses fut agréable, normal. A Phoenix, c'était mon boulot, et je retombai dans une routine familière avec plaisir. Le magasin était suffisamment grand pour que je n'entendisse plus le clapotis de la pluie sur le toit qui se chargeait de me rappeler où j'étais.
De retour à la maison, je rangeai les provisions, les entassant là ou je trouvais de la place en espérant que Charles ne protesterait pas. J'enveloppai des pommes de terre dans du papier alu et les glissai au four, plongeai deux steak dans une marinade et les fourrai au réfrigérateur, en équilibre sur une boite d'½ufs.
Puis je montai mon sac à l'étage. Avant de commencer mes devoirs, j'enfilai un survêtements, ramassai mes cheveux humides en queue de cheval et vérifier mes mails pour la première fois. J'avais trois messages.

Nana, m'écrivait ma mère, envoie moi un mot dès que tu seras arrivée. Dis moi, comment s'est passé ton vol. Pleut il ? tu me manques déjà...
J'ai presque terminé nos bagages pour la Floride, mais je ne trouve pas mon corsage rose. Sais tu où je l'ai mis ? Coucou de Phil. Maman.


Avec un soupir, je consultai le suivant. Elle l'avait envoyé huit heures après le premier.

Nana, fulminait elle, Pourquoi ne m'as-tu pas encore répondu ? tu attends quoi ? Maman.

Le dernier datait du matin même.

Nana0h, si je n'ai pas signe de toi d'ici 17h30 aujourd'hui, j'appelle Charles.

Je regarde mon réveil. J'vais encore une heure, mais ma mère n'est pas réputée pour sa patience.
Maman, écrivis je, calme toi. Inutile de grimper au plafond. Nana

Je l'expédiais, puis en rédigeai un nouveau.

Maman,

Tout va bien. Evidemment qu'il pleut. J'attendais d'avoir quelque chose à t'écrire. Le lycée, ça roule. Juste un peu répétitif. J'ai fait la connaissance de gens sympas avec qui je mange.
Ton corsage est chez le teinturier. Tu étais censée aller le chercher vendredi.
Charles m'a acheté une camionnette à plateau, tu y crois ? Je l'adore... Elle est vieille, mais super solide, ce qui est bien, tu sais, pour une fille comme moi.
Tu me manques aussi. Je te réécrirais bientôt, mais je n'ai pas l'intention de consulter mes mails toutes les cinq minutes. Détends toi, respire, je t'aime. Nana


J'avais décidé de relire Les hautes de hurlement (le roman que nous étudiions en anglais), juste pour le plaisir, et c'est à ce quoi j'étais occupée quand Charles rentra du travail. J'avais oublié l'heure et me précipitai en bas pour sortir les patates et mettre la viande sous le gril.

- Nana ? lança mon père en m'entendant dévaler l'escalier.
Qui d'autre ?
- Salut papa, bienvenue !
- Merci !

Il accrocha son pistolet au portemanteau et se débarrassa de ses bottes tandis que je m'affairai dans la cuisine. A ma connaissance, il n'avais jamais utilisé son arme en service. Mais il l'avait sur lui. Lorsque j'étais petite, il avait prit l'habitude de retirer les balles dés qu'il franchissait le seuil. Il faut croire qu'il me considérer comme assez mûre a présent pour ne pas me tuer par accident et suffisamment dépressive pour me suicider.

- Qu'y a-t-il a dîner ? s'inquiéta t'il.

Ma mère est une cuisinière pleine d'imagination dont les expériences ne sont pas toujours comestibles. Je fus surprise, et peinée, qu'il s'en souvint encore.

- Steaks et pommes au four.

Réponse qui parut le soulager.
Il avait l'air embarrassé, debout dans la cuisine, les bras ballants. Aussi, il gagna le salon d'un pas lourd pour y regarder la télé pendant que je m'activais . C'étai plus simple pour nous deux. Je préparai une salade tandis que la viande cuisait, puis mis le couvert. Lorsque tout fût prêt, je l'appelai, et il me rejoignit en reniflant avec gourmandise.

- ça sent bon, Nana.
- Merci.

Nous mangeâmes sans mot dire durant quelques minutes. Sans inconfort non plus. Le silence ne nous gênait ni l'un ni l'autre. D'une certaine manière, nous étions fait pour vivre ensemble.

- Alors, comment ça marche au lycée ? demanda t'il en se resservant. Tu as déjà sympathisé ?
- J'ai plusieurs cours en commun avec une fille, Jessica. Je déjeune avec ses copines. Il y'a aussi ce garçon, Mike, très gentil. Tout le monde est plutôt accueillant.

A une exception, mais de taille.

- Ça doit être Mike Newton. Chouette môme, chouettes parents. Son père tient le magasin de sport qui se trouve à la sortie de la ville. Avec tous les randonneurs qui fréquentent le coin, les affaires marchent.
- Tu connais les Kaulitz ? risquai je.
- La famille du médecin ? Bien sûr. Le docteur est un chic type.
- Ils...leurs enfantes...sont un peu spéciaux. Ils n'ont pas l'air de s'être vraiment intégrés, au lycée.

La colère de Charles me prit au dépourvu.

- Ah, les gens d'ici ! grommela t'il. Le docteur Kaulitz est un brillant chirurgien qui pourrait travailler dans n'importe quel hôpital et gagner dix fois plus. (son ton monta.) Nous avons de la chance de l'avoir et que sa femme accepte de vivre dans une petite ville. C'est un grand atout pour notre communauté, et leurs gamins sont bien élevées et polis. A leurs arrivée, j'avais des doutes. Des adolescents adoptés... Mais ils se sont révélés être très mûrs, ils ne m'ont pas donné l'ombre d'un souci. Je ne peux pas en dire autant d'autres gosses qui vivent dans la région depuis des générations. En plus, ils sont très unis, un exemple pour nous tous. Ils partent camper un week-end sur deux... Mais parce que ce sont des étrangers, les habitants du cru se sentent obligés de cancaner.

C'était le discours le plus long que je l'avais jamais entendu prononcer. Aucun doute, il supportais mal les racontars (quels qu'ils fussent) à propos des Kaulitz. Je fis machine arrière.

- Oh, ils ne m'ont pas semblé antipathiques. C'est juste qu'ils ne se mélangent pas. Ils sont drôlement beaux, ajoutai je, désireuse de me montrer positive.
- Tu verrais le docteur, plaisanta Charles, apaisé. Heureusement qu'il est heureux en ménage. Les infirmières ont du mal à se concentrer sur leur boulot quand il est dans les parages.

Le dîner s'acheva dans le calme. Charles débarrassa la table pendant que je m'attaquais à la vaisselle. Puis il retourna au salon et, ma corvée terminée (à la main, pas de machine -_-), je regagnai ma chambre en trainant des pieds à l'idée des exercices de maths qui m'y attendaient. Je voyais déjà se profiler une routine quotidienne.

Cette nuit-là fut enfin sereine. Je m'endormis rapidement, épuisée.

Le reste de la semaine se passa sans anicroches. Je m'habituais au train-train de mes cours. Le vendredi, j'étais à même de reconnaitre, sinon d'identifier, presque tous les élèves du lycée. En gym, tandis que nos adversaires tentaient de profiter de ma faiblesse, mes partenaires apprirent à ne pas me passer le ballon. Pour ma part, je fus trop heureuse de m'écarter de leur chemin.
Bill Kaulitz ne revint pas en classe.
Chaque jour, je guettais avec anxiété le moment où le reste de la tribu entrait dans la cantine, sans lui. Alors seulement, je me détendais et me joignais à la conversation régnant à ma table. Elle tournait pour l'essentiel autour de l'excursion à l'Ocean Park de La Push que Mike projetait pour dans quinze jours.
J'étais invitée, et j'avais accepté, plus par politesse que par envie. A mes yeux, les plages se devaient d'allier chaleur et temps sec. Le vendredi, c'est avec une dé concertation parfaitement naturelle que je franchis la porte de ma classe de sciences Nat, sans plus m'inquiéter de l'éventuelle présence de Bill. Pour moi, il avait abandonner l'école. Je m'évertuais à ne pas penser à lui, même si je n'arrivais pas totalement à me chasser du crâne que j'étais responsable de sa disparition, aussi ridicule que cela semblât.
Mon premier week-end se déroula sans incident notoire. Charles, peu habitué à rester dans une maison d'ordinaire déserte, travailla presque tous le temps. Moi, je fis le ménage, m'avançai dans mes devoirs et écrivis à ma mère des mails faussement enjoués. Le samedi, je me rendis à la bibliothèque, mais le fonds était si maigre que je ne pris pas la peine de m'inscrire ; il allait falloir que je pousse très bientôt jusqu'à Olympia ou Seattle pour y trouver une bonne librairie. Je m'interrogeai vaguement sur la consommation de la camionnette... et fus prise de frisons.
La pluie tomba doucement et sans bruit, je n'eus pas d'insomnies.
Le lundi, des gens me saluèrent sur le parking. Des prénoms m'échappaient encore, mais j'agitai la main et souris à tout un chacun. Il faisait plus froid, ce matin-là, mais, ô joie, il ne pleuvait pas.
En anglais, Mike prit sa place réservée à côté de moi. Nous eûmes droit à une interro surprise sur les hauts de hurlements. Facile, très facile.
L'un dans l'autre, je me sentais bien plus à l'aise que je n'aurais cru l'être au bout d'une seule semaine. Plus à l'aise que je n'avais jamais espéré l'être ici, en fait.
A la sortie du cours, l'air était saturée de traînées blanches qui tournoyaient. Les élèves s'interpellaient avec excitation. La bise me mordait les joues, le nez.

- Super ! s'écria Mike.

Je contemplai les lambeaux de coton duveteux qui s'accumulaient le long du trottoir et voletaient de façon erratique devant mes yeux. Adieu ma belle journée.

- Beurk !
- Tu n'aimes pas la neige ? s'exclama Mile, surpris.
- Non. Ça signifie qu'il fait trop froid pour pleuvoir. (tu parles d'une évidence.) En plus, je croyais qu'elle se présentait sous la forme de beaux gros flocons bien propres. Là, on dirait les extrémités de coton-tige.
- Tu n'as jamais vu la neige tomber ? me demanda t'il, incrédule.
- Bien sûr que si. (pause.) A la télé.

Il éclata de rire. C'est alors qu'une grosse boule molle et détrempé s'écrase sur sa nuque. Nous nous retournâmes pour voir d'où elle venait. Je soupçonnai vite Eric, qui s'éloignait sans nous regarder en direction (la mauvaise) de son prochain cours. Mike était parvenu aux mêmes conclusion, car il ramassa un tas de bouillie blanche.

- je te retrouve à la cafète, d'accord ? annonçai je en m'en allant. Les gens qui se bombardent de trucs humides, très peu pour moi.

Les yeux rivés sur la silhouette d'Eric, il hocha le menton.
Toute la matinée, ce ne furent que discussions animées sur la neige. Apparemment, c'était la première chute de la saison. Je ne m'en mêlai pas. Certes, elle était moins humide que la pluie (jusqu'à ce qu'elle fonde dans vos chaussettes).
Lorsque je me rendis à la cantine avec Jessica, après notre cours d'espagnol, j'étais sur mes gardes. De la bouillasse volait de tous les côtés. J'avais une chemise cartonnée à la main, et j'étais prête à m'en servir comme d'un bouclier en cas de besoin. Jessica me trouva tordante, mais mon expression la retint de s'en prendre elle-même à moi.
Mike nous rattrapa à la porte, hilare. La glace prise dans ses cheveux dérangeait les pointes de sa coiffure. Lui et Jessica, énervés comme des gosses, évoquèrent la bataille de boule de neige tandis que nous prenions notre place dans la queue. Je me figeai sur place. Cinq personnes y étaient assises.


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Je vous posterai la suite, la semaine prochaine, elle va grave vous plaire, enfin pour ceux qui ne l'ont pas encore lu !!!!! -_- ^^ sinon c'est de la triche sur les autres ! ^^
Je pars le 10 juillet en vacances, a Dubaï, le pays des magasins avec mon pére ! ^^
je reviens le 25 juillet, et puis je vous poste la suite, et puis je vais en vacances le 28 juillet cette fois ci avec ma mére, en france, pour faire bien évidemment du shopping, (lol !), peut être que de là, je vous posterai la suite, mais n'y comptai pas trop, mon laptop a quelques problémes, je dois en racheter un, a Dubaï... ^^
# Posté le jeudi 03 juillet 2008 16:58
Modifié le jeudi 03 juillet 2008 17:16